SANS-PAPIERS – PRISON AVEC SURSIS POUR MADJIGUÉNÉ.

PARIS, 24 août, Reuters – Madjiguéné Cissé, porte-parole des sans-papiers de Saint-Bernard, a été condamnée samedi à deux mois d’emprisonnement avec sursis par la 23e chambre correctionnelle de Paris, où elle a été jugée en comparution immédiate, a-t-on appris de source judiciaire.

La jeune Sénégalaise, qui avait été arrêtée vendredi lors de l’évacuation de l’église Saint-Bernard et était l’une des seules femmes à n’avoir pas été libérées, devait donc être remise en liberté à l’issue de l’audience.

Un substitut du procureur de la République avait requis contre elle deux à trois mois de prison ferme et une interdiction de séjour de trois ans pour séjour irrégulier.

Sept Africains également arrêtés vendredi à Saint-Bernard ont aussi été renvoyés samedi par le Parquet en comparution immédiate pour infraction à la législation sur les étrangers. Les audiences étaient encore en cours samedi soir.

Quatre autres sans-papiers de Saint-Bernard devraient comparaître lundi devant la 23e chambre correctionnelle pour le même chef, a-t-on indiqué de même source.

Le Parquet a par ailleurs annoncé dans la soirée que la garde à vue des dix grévistes de la faim de Saint-Bernard avait été levée en fin d’après-midi « après qu’un nouvel examen médical ait été ordonné ».

En milieu de journée, le Parquet avait déclaré dans un premier communiqué qu’un médecin requis par lui n’avait pas jugé leur situation « préoccupante » et qu’ils avaient été placés en garde à vue.

« Huit d’entre eux sont retenus en milieu hospitalier (les hôpitaux militaires de Percy et de Bégin). Les deux autres, qui avaient quitté d’eux-mêmes l’hôpital dès la matinée du vendredi 23 août, sont gardés à vue dans les locaux de la police judiciaire », avait-il ajouté.

Selon le Parquet, les médecins requis avait estimé que cette garde à vue à la 12e section des Renseignements généraux, à Vincennes, « n’était pas incompatible avec leur état de santé ».

Mais Me Caroline Mécary, un des avocats des sans-papiers de Saint-Bernard, a estimé pour sa part que ces deux grévistes de la faim étaient détenus « dans des conditions infâmes ».

Enfin, le tribunal correctionnel a mis fin à la garde à vue de dix hommes et d’une femme qui ont reçu une convocation à comparaître en septembre, et pour quatre autres hommes qui ne feront pas l’objet de poursuites pénales. /EJ.