Débat sur la question de la prescription des crimes sexuels commis sur des mineurs ou la confusion contemporaine entre mémoire et justice
Parmi les propositions qui reviennent avec le plus de constance dans le débat public aujourd’hui figure celle de l’imprescriptibilité des crimes sexuels et incestueux commis contre les enfants.
De prime abord une telle revendication paraît légitime. Comment justifier qu’un crime dont les effets psychiques peuvent se prolonger toute une vie cesse un jour de pouvoir être poursuivi ? Comment accepter qu’une victime qui ne trouve la force de parler qu’à cinquante ou soixante ans se voie opposer le silence du droit ? Ces interrogations sont légitimes cependant, elles ne suffisent pas à résoudre la question. En effet, le débat sur l’imprescriptibilité ne porte pas seulement sur la répression des violences sexuelles. Il engage une interrogation plus profonde sur la nature même du procès pénal et sur la place que nos sociétés accordent à la mémoire.
Le débat sur TV5 Monde avec Benjamin Moron-Puech.



